Quel daltonien êtes-vous ? Faites le test ici !

Saviez-vous que 8 à 10 pour cent de la population masculine et à peine un demi-pourcent de la population féminine souffrent de daltonisme ?

Les Yeux

Pour bien comprendre le daltonisme, il convient d’abord d’expliquer rapidement le fonctionnement de l’œil. Dans la rétine des yeux se trouvent des cellules photosensibles, à savoir les bâtonnets et les cônes. Les bâtonnets fonctionnent surtout la nuit et les cônes le jour. Les cônes servent à percevoir les couleurs. Il en existe 3 sortes différentes qui sont sensibles aux couleurs rouge, bleu et vert. Au fur et à mesure que ces cônes envoient des signaux au cerveau, vous savez de quelle couleur il s’agit. La lumière est donc transformée en signaux et le cerveau adapte alors ces signaux afin que, par exemple, du vert reste vert malgré les différentes conditions dans lesquelles vous pouvez percevoir la couleur verte.

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Chez les trichromates, les personnes pouvant percevoir normalement ces couleurs, le processus expliqué ci-dessus se déroule sans problème. Mais quel est le souci chez les daltoniens ? En général, le daltonisme survient lorsqu’une ou plusieurs des trois sortes de cônes ne fonctionnent pas normalement (anomalie) ou pas du tout (anopie). Le daltonisme est donc la conséquence d’un traitement erroné du signal visuel dans le cerveau. En cas d’achromatopsie ou de monochromatopsie, ce qui signifie daltonisme total, les systèmes de perception tricolore sont complètement absents et les personnes en souffrant sont donc insensibles à toutes les couleurs primaires. Heureusement, ce phénomène reste rare. Ces personnes voient le monde en différentes nuances de gris, ont une bien moins bonne vision à la lumière du jour et sont photophobes parce que, tout comme les animaux nocturnes, ils ne voient qu’avec leurs bâtonnets.

Dyschromatopsie ou daltonisme partiel

La dyschromatopsie, ou le daltonisme partiel, est très courant. Il en existe plusieurs sortes et plusieurs degrés. Le daltonisme comprend deux catégories générales : la trichromatie anormale et la dichromatie. Pour la première, une sorte de cônes est moins sensible et peut donc moins bien percevoir la lumière. Les personnes en souffrant voient parfaitement les couleurs, mais ne peuvent distinguer qu’une partie limitée du spectre des couleurs et des nuances. Chez les dichromates, ça va encore un peu plus loin : toute une sorte de cônes ne fonctionne plus, ils sont totalement insensibles. En français : les dichromates ne peuvent pas voir une couleur en particulier.

Si nous appliquons ce phénomène aux couleurs primaires spécifiques, nous distinguons d’un côté la protanomalie (perturbation du rouge), la deutéranomalie (perturbation du vert) et la tritanomalie (perturbation du bleu). De l’autre côté, plus extrême, nous distinguons la protanopie (pas de rouge), la deutéranopie (pas de vert) et la tritanopie (pas de bleu). La deutéranomalie ou une sensibilité amoindrie au vert est la forme la plus courante, tandis que la tritanomalie ou une sensibilité amoindrie au bleu est la plus rare.

Le daltonisme et le sexe fort

Le daltonisme est en général une anomalie héréditaire liée au sexe. Il touche plus souvent les hommes que les femmes parce que les gènes impliqués se trouvent sur le chromosome X. Contrairement aux hommes, les femmes possèdent deux chromosomes X de sorte que l’anomalie récessive du daltonisme n’apparaît chez les femmes que lorsque les deux chromosomes X portent le gène anormal. Il en existe en outre des formes acquises. Il est possible de devenir daltonien à la suite d’une intoxication due à l’usage de certains médicaments, par exemple à cause d’une trop forte dose de chloroquine. Les diabétiques courent également plus de risques de devenir daltoniens. Une autre cause moins courante de cette anomalie peut être un traumatisme, comme après un accident.

Enfin, le daltonisme est aussi lié à l’âge. Plus nous vieillissons, moins nos yeux sont capables de distinguer les différentes nuances les unes des autres. On devient donc naturellement daltonien. Nous le remarquons cependant à peine, car cet effet est compensé par le cerveau.

Peut-on guérir le daltonisme ?

Parfois, les lunettes ou des lentilles (colorées) peuvent aider, comme c’est le cas des lunettes O2AMps ou des lentilles de correction Colorlite, mais le daltonisme ne peut pas se guérir complètement. Pour le moment du moins. Des scientifiques en génétique américains des universités de Washington et de Floride sont parvenus à trouver un éventuel remède pour les personnes atteintes de daltonisme. Avec un virus adapté, ils ont réussi à restaurer la capacité des cellules photosensibles dans le centre de perception visuel de deux singes daltoniens. Selon les scientifiques, cette technique fonctionne également sur les hommes.

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Mais heureusement, le daltonisme n’est pas toujours un problème. Pendant la Deuxième Guerre mondiale par exemple, l’armée britannique envoyait des daltoniens en vols de reconnaissance pour repérer l’artillerie allemande camouflée. Les daltoniens sont donc meilleurs pour repérer les camouflages que les gens ayant une vision normale.

Vous avez toujours voulu savoir si vous étiez daltonien ? Faites le test ici !

Le daltonisme peut déjà être diagnostiqué dès l’âge de 4 ans. Et c’est nécessaire ! De nombreux métiers tels qu’électricien, tireur d’élite, contrôleur de train, chef de train, pilote ou agent de police, exigent que ce test soit réussi avant de pouvoir exercer ces professions. Dans certains pays, réussir le test est même obligatoire pour obtenir son permis de conduire.

Il existe plusieurs sortes de tests de couleurs pour détecter le daltonisme et ses degrés. Le plus utilisé est le test d’Ishihara. Quel en est le principe ? Vous ne pouvez distinguer les numéros dans les cercles ci-dessous que vaguement ou pas du tout ? Vous souffrez alors de daltonisme et nous vous conseillons de vous rendre chez un ophtalmologue pour un diagnostic plus spécifique. Bonne chance !